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Santé9 min

Retard de règles : causes, test négatif et quand consulter

Retard de règles et test négatif ? Les causes possibles (stress, ovulation tardive, pilule, SOPK…), quand refaire un test et quand consulter.

Retard de règles : la réponse courte

On parle de retard de règles quand vos règles n'arrivent pas à la date à laquelle vous les attendiez d'après votre cycle habituel. Dans la grande majorité des cas, ce retard s'explique soit par une grossesse, soit par une ovulation plus tardive que d'habitude — souvent à cause d'un stress, d'un changement de rythme, d'une maladie ou d'une variation de poids. Si vous avez eu des rapports sans contraception fiable, faites un test de grossesse. S'il est négatif et que vos règles n'arrivent toujours pas, refaites-le quelques jours plus tard.

Un retard isolé de quelques jours n'est généralement pas inquiétant. Ce qui doit vous amener à consulter, c'est un retard qui dure (plusieurs semaines, ou trois cycles sans règles), un cycle qui devient irrégulier alors qu'il était régulier, ou un retard accompagné de douleurs ou de saignements inhabituels.

À partir de combien de jours parle-t-on de retard ?

Il n'existe pas de seuil magique. Le NHS (le service de santé britannique) rappelle qu'un cycle dure en moyenne 28 jours, mais que tout ce qui se situe entre 21 et 35 jours est courant. Surtout, la durée varie d'un cycle à l'autre chez la même personne : la classification de la FIGO (Fédération internationale de gynécologie et d'obstétrique) considère encore comme « régulier » un cycle dont la durée varie jusqu'à 7 à 9 jours entre le plus court et le plus long.

Dans une étude qui a suivi plus de 1 000 cycles chez des femmes en bonne santé, plus de 40 % d'entre elles avaient des écarts de plus de 7 jours entre leurs cycles. Autrement dit : si vos règles ont deux, trois ou cinq jours de retard, c'est souvent simplement votre cycle qui fait son travail de cycle. C'est pour cela qu'il est utile de connaître votre propre plage habituelle plutôt que de vous fier à la moyenne de 28 jours — voir notre article sur la durée normale du cycle menstruel.

Pourquoi l'ovulation décide de la date de vos règles

Pour comprendre un retard, il faut savoir que les deux moitiés du cycle ne se comportent pas pareil. La seconde moitié, la phase lutéale, qui va de l'ovulation aux règles, est relativement stable : autour de 12 à 14 jours chez la plupart des femmes. C'est la première moitié, la phase folliculaire, qui varie le plus.

Concrètement, si vous ovulez plus tard que d'habitude — parce que vous avez été malade, très stressée ou que vous avez beaucoup voyagé — vos règles arriveront plus tard d'autant. Le retard ne se « crée » pas à la fin du cycle : il s'est souvent joué deux semaines plus tôt, sans que vous vous en rendiez compte. C'est aussi pour cela qu'un retard peut s'accompagner d'un SPM qui semble « décalé ».

Première étape : le test de grossesse

Si vous avez eu un rapport sans contraception, ou si un doute existe (oubli de pilule, préservatif qui a craqué…), le test de grossesse est la première chose à faire. D'après le NHS, la plupart des tests urinaires peuvent être utilisés dès le premier jour de retard. Si vous ne savez pas quand vos règles devaient arriver, faites-le au moins 21 jours après le dernier rapport non protégé.

  • Un test positif est presque toujours fiable. Prenez rendez-vous avec un médecin, une sage-femme ou un·e gynécologue.
  • Un test négatif est moins fiable, surtout s'il est fait trop tôt : la quantité d'hormone de grossesse (hCG) peut encore être trop faible pour être détectée. Si vos règles n'arrivent pas, refaites un test quelques jours plus tard.
  • Deux tests négatifs et toujours pas de règles : parlez-en à un professionnel de santé. Une prise de sang (dosage des bêta-hCG), prescrite par un médecin ou une sage-femme, permet de trancher.

Retard de règles et test négatif : les causes possibles

Une fois la grossesse écartée, les causes les plus fréquemment citées par le NHS sont les suivantes. Souvent, plusieurs facteurs se combinent.

Le stress et les gros changements de rythme

Le cerveau pilote l'ovulation via l'hypothalamus et l'hypophyse. Quand le corps est sous pression — examen, deuil, rupture, surcharge au travail, maladie — cette commande peut ralentir, et l'ovulation se décaler. Les recommandations de l'Endocrine Society décrivent une forme plus marquée, l'aménorrhée hypothalamique fonctionnelle, où les règles s'arrêtent sous l'effet combiné du stress, d'une perte de poids ou d'un excès d'exercice.

Le poids, l'alimentation et le sport

Une perte de poids rapide, une alimentation insuffisante par rapport à vos dépenses, ou au contraire un surpoids important peuvent perturber l'ovulation. Un entraînement très intense, surtout s'il n'est pas compensé par une alimentation suffisante, a le même effet.

La contraception, et son arrêt

Certaines contraceptions hormonales (pilule progestative, implant, injection, DIU hormonal) peuvent espacer ou supprimer les saignements. À l'inverse, après l'arrêt de la pilule, il peut falloir quelques semaines à plusieurs mois pour que l'ovulation retrouve son rythme : nous vous expliquons tout dans notre article sur l'arrêt de la pilule. La pilule du lendemain peut aussi décaler les règles suivantes.

Le SOPK et les troubles hormonaux

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est une cause fréquente de cycles longs ou irréguliers, souvent associée à de l'acné, une pilosité plus marquée ou une prise de poids. Les troubles de la thyroïde (hypo ou hyperthyroïdie) peuvent aussi dérégler le cycle. Si vous vous reconnaissez, lisez notre guide sur le suivi du cycle avec un SOPK.

L'allaitement, l'adolescence et la périménopause

L'allaitement retarde souvent le retour des règles. Dans les premières années après les premières règles, les cycles sont fréquemment irréguliers. Et à l'approche de la ménopause, généralement entre 45 et 55 ans, les cycles s'allongent ou se raccourcissent de façon imprévisible.

Combien de jours de retard avant de s'inquiéter ?

Pour savoir à partir de quel jour vous êtes vraiment en retard, notre calcul de la date des prochaines règles estime la date attendue à partir du premier jour de vos dernières règles et de la durée habituelle de votre cycle. Voici ensuite quelques repères simples, à adapter à votre situation :

Retard de règles : que faire selon la situation
SituationCe qu'on peut faire
Quelques jours de retard, pas de risque de grossesseAttendre, noter la date, repenser au mois écoulé (stress, maladie, voyage).
Retard et grossesse possibleTest urinaire dès le jour attendu des règles ; le refaire quelques jours plus tard s'il est négatif.
Deux tests négatifs, toujours pas de règlesEn parler à un médecin ou une sage-femme (prise de sang possible).
Pas de règles depuis 3 mois (sans grossesse)Consulter pour rechercher la cause.
Retard + douleur au ventre + saignementsConsulter en urgence (15 ou 112 si douleur intense ou malaise).

Quand consulter

Le NHS recommande de voir un médecin si vos règles ont manqué trois fois de suite, si elles n'ont pas commencé à 15 ans, si votre cycle est devenu irrégulier, ou si le retard s'accompagne d'autres signes : prise ou perte de poids, grande fatigue, pilosité nouvelle, peau très grasse ou très sèche. En France, votre médecin traitant, une sage-femme ou un·e gynécologue peuvent vous accompagner.

Consultez sans attendre si vous avez un retard de règles associé à une douleur dans le bas du ventre (souvent d'un seul côté), des saignements ou des pertes brunes inhabituels, une douleur au bout de l'épaule ou un malaise. Ces signes peuvent évoquer une grossesse extra-utérine, qui doit être prise en charge rapidement, même si votre test est négatif. En cas de douleur intense, de vertiges ou d'évanouissement, appelez le 15 ou le 112.

Ce que vous pouvez faire en attendant

  1. Notez la date à laquelle vos règles étaient attendues et la date à laquelle elles arrivent finalement : c'est l'information la plus utile pour la suite.
  2. Repensez au mois écoulé : une période de stress, un virus, un voyage, un changement de contraception ou d'entraînement suffisent souvent à expliquer quelques jours de décalage.
  3. Observez votre corps : une glaire cervicale qui devient glissante, une petite douleur d'un côté du ventre ou des seins sensibles peuvent indiquer que l'ovulation arrive ou vient d'avoir lieu — et donc que vos règles suivront dans une douzaine de jours environ.
  4. Gardez une contraception si vous ne souhaitez pas de grossesse : un retard ne signifie pas que vous n'ovulez pas, et l'ovulation peut survenir à tout moment.

Suivre votre cycle pour mieux lire un retard

Un retard est beaucoup plus facile à interpréter quand vous connaissez votre historique : si vos cycles vont habituellement de 27 à 33 jours, un cycle de 32 jours n'est pas un retard, c'est votre normalité. Luteal enregistre vos dates de règles et vous montre la plage réelle de vos cycles plutôt qu'une date unique, avec les symptômes que vous notez au fil des jours. Cela ne remplace ni un test de grossesse ni une consultation, et ce n'est pas une méthode de contraception, mais cela vous donne des repères concrets à montrer à un professionnel. Pour aller plus loin : comment mieux prédire ses règles et suivre un cycle irrégulier.

Questions fréquentes

Quelques jours de décalage sont très fréquents : la durée du cycle varie naturellement d'un mois à l'autre, souvent de plusieurs jours. Un cycle entre 21 et 35 jours est considéré comme courant. Si une grossesse est possible, faites un test dès le jour où vos règles étaient attendues ; si vos règles ne reviennent pas pendant trois mois, consultez.

Oui, très souvent. Le stress, une maladie, une perte ou une prise de poids, un sport intense, l'arrêt de la pilule, l'allaitement, le SOPK, un trouble de la thyroïde ou la périménopause peuvent retarder l'ovulation, et donc les règles.

Un test fait trop tôt peut être faussement négatif. Refaites-le quelques jours plus tard. Si le deuxième test est négatif et que vos règles n'arrivent toujours pas, parlez-en à un médecin ou une sage-femme, qui pourra prescrire une prise de sang et chercher une autre cause. Consultez en urgence en cas de douleur au ventre ou de saignements inhabituels.

Oui. Le stress agit sur la zone du cerveau qui commande l'ovulation. Une ovulation retardée entraîne des règles retardées d'autant. Un stress intense ou prolongé, surtout associé à une perte de poids ou à beaucoup d'exercice, peut même suspendre les règles pendant plusieurs mois : dans ce cas, il faut consulter.

Pas forcément, mais il faut agir : faites un test de grossesse si c'est possible, et refaites-le quelques jours plus tard s'il est négatif. Si vous n'êtes pas enceinte, un retard de deux semaines s'explique souvent par une ovulation tardive. S'il se répète ou s'accompagne d'autres symptômes, consultez.

Sources et références

  1. NHS. Missed or late periods — nhs.uk
  2. NHS. Doing a pregnancy test — nhs.uk
  3. NHS. Ectopic pregnancy — nhs.uk
  4. Munro MG, Critchley HOD, Fraser IS; FIGO Menstrual Disorders Committee. The two FIGO systems for normal and abnormal uterine bleeding symptoms and classification of causes of abnormal uterine bleeding in the reproductive years: 2018 revisions — International Journal of Gynecology & Obstetrics (2018)
  5. Fehring RJ, Schneider M, Raviele K. Variability in the phases of the menstrual cycle — Journal of Obstetric, Gynecologic & Neonatal Nursing (2006)
  6. Gordon CM, Ackerman KE, Berga SL et al.. Functional Hypothalamic Amenorrhea: An Endocrine Society Clinical Practice Guideline — The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism (2017)
  7. Assurance Maladie. Syndrome des ovaires polykystiques — ameli.fr

Cet article s'appuie sur des publications scientifiques et des organismes de santé reconnus. Il a une vocation informative et ne remplace pas un avis médical.

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