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Couple9 min

SPM de votre copine : comprendre et la soutenir

SPM de votre copine : irritable, triste ou épuisée avant ses règles ? Ce qu'est le SPM, le rôle du partenaire, les phrases à éviter et comment anticiper.

L'essentiel en 30 secondes

Si votre copine traverse son SPM : restez calme et disponible, allégez ce qui peut l'être (tâches, organisation, sorties), reportez les discussions sensibles sans balayer ce qu'elle exprime, et demandez ce qui l'aiderait. Évitez les phrases du type « c'est tes hormones ». Et le reste du mois, parlez-en ensemble : savoir quand ces jours arrivent permet de s'organiser plutôt que de se heurter.

Le SPM, c'est quoi exactement ?

Le syndrome prémenstruel regroupe des symptômes physiques (fatigue, ballonnements, seins douloureux, maux de tête, troubles du sommeil) et émotionnels (irritabilité, sautes d'humeur, anxiété, tristesse, sensibilité accrue) qui apparaissent dans les jours qui précèdent les règles et s'atténuent quand elles commencent.

Selon l'Office on Women's Health américain, plus de 90 % des femmes ressentent au moins quelques symptômes prémenstruels. Pour la plupart, ils restent modérés. Une revue publiée dans The Lancet estime qu'environ 5 à 8 % des femmes ont une forme sévère, qui perturbe nettement leur vie ; la plupart d'entre elles correspondent au trouble dysphorique prémenstruel (TDPM).

Pourquoi elle n'y peut rien (et vous non plus)

Les chercheurs ne pensent pas que les femmes avec un SPM ont des hormones « anormales ». La revue du Lancet explique plutôt que ce sont les variations normales des hormones en fin de cycle qui déclenchent les symptômes chez des personnes plus sensibles à ces variations, notamment au niveau de la sérotonine dans le cerveau. On le détaille dans hormones, sérotonine et humeur.

Deux conséquences importantes pour vous. D'abord, ce qu'elle ressent est réel : lui demander de « se calmer » ou de « relativiser » ne marche pas. Ensuite, son irritabilité n'est pas un verdict sur vous ou sur votre couple. Mais attention : ça ne veut pas dire que tout ce qu'elle exprime ces jours-là est « juste le SPM ». Le SPM amplifie souvent des choses qui existent déjà.

Ce que la recherche dit du rôle du partenaire

« C'est ton SPM » : la phrase qui fait mal

Une étude qualitative australienne, menée auprès de 60 femmes, s'est intéressée à la façon dont le SPM est « nommé » dans le couple. Elle montre une situation ambivalente : nommer le SPM peut aider à expliquer ce qu'on traverse, mais quand le partenaire s'en sert pour expliquer toute émotion, il devient une manière de ne pas prendre au sérieux ce qu'elle dit. Le message à retenir : c'est à elle, pas à vous, de faire le lien avec son cycle.

Un soutien qui change vraiment les choses

Les mêmes chercheuses ont mené un essai randomisé auprès de 83 femmes souffrant de troubles prémenstruels. Celles qui ont suivi une thérapie cognitivo-comportementale, seules ou en couple, ont vu leurs symptômes et leur détresse diminuer. La version en couple apportait un plus : de meilleures stratégies pour faire face, et davantage de compréhension du partenaire et d'amélioration de la relation rapportées. Autrement dit : comprendre et s'impliquer, ça aide concrètement.

Pendant les jours difficiles : ce qui aide

  1. Baissez la pression : moins de sollicitations, moins de plans serrés, plus de marge.
  2. Demandez plutôt que deviner : « Tu préfères qu'on reste tranquilles ce soir, ou que je te change les idées ? »
  3. Prenez des choses en charge : repas, courses, tâches qui traînent. Le concret soulage plus que les mots.
  4. Reportez les sujets qui fâchent, sans les balayer : « C'est important, on en reparle ce week-end à tête reposée ? » plutôt que « tu dis ça à cause de ton SPM ».
  5. Ne surréagissez pas à une remarque sèche. Respirez, et si besoin dites calmement ce que vous ressentez plus tard.
  6. Proposez ce qui l'aide habituellement : une marche, une douche chaude, un film, du calme, du sommeil.
  7. Prenez soin de vous aussi : un moment pour vous n'est pas un abandon. Un soutien durable suppose que vous ne vous épuisiez pas.

Les phrases à éviter, et celles qui marchent

SPM : quoi dire à sa copine
À éviterPlutôt dire
« T'as tes règles qui arrivent ou quoi ? »« Tu as l'air à bout, je peux t'aider ? »
« Calme-toi. »« Je t'écoute. »
« Tu exagères, c'est que des hormones. »« Je vois que c'est dur en ce moment. »
« On en parlera quand tu seras de meilleure humeur. »« C'est important pour moi aussi, on prend le temps ce week-end ? »
« Encore ton SPM… »« Qu'est-ce qui te ferait du bien ce soir ? »

Anticiper ensemble, le reste du mois

Le SPM a un avantage : il est en général prévisible. Le meilleur moment pour en parler, ce n'est pas pendant, c'est après, quand elle se sent bien. Quelques idées à lui proposer :

  • Demandez-vous ensemble ce qui l'aide et ce qui l'agace pendant ces jours-là. Elle seule le sait.
  • Si elle le souhaite, repérez la fenêtre : la plupart des femmes voient leurs jours plus durs revenir au même moment après deux ou trois cycles de suivi (voir anticiper le SPM). Notre outil phase du cycle lui permet aussi de voir en un instant où elle en est.
  • Évitez de programmer les gros événements stressants (déménagement, discussion importante, week-end chargé) dans cette fenêtre quand c'est possible.
  • Si elle a envie de vous partager son cycle, une application peut aider. Avec Luteal, elle peut vous inviter : vous voyez sa phase du jour, son humeur et des conseils pour la soutenir, rien de plus, et elle peut couper l'accès quand elle veut. Les jeux à deux de l'app sont aussi une façon légère de parler de son cycle sans que ça devienne un sujet pesant. Voir partager son cycle avec son partenaire.

Quand c'est plus qu'un SPM

Encouragez-la, sans pression, à en parler à un médecin si ses symptômes perturbent nettement son travail, ses études, ses relations ou son moral, ou si les changements d'hygiène de vie ne suffisent pas. Des traitements efficaces existent, que le NHS et l'ACOG décrivent (thérapies, traitements médicamenteux, certaines contraceptions).

Si elle exprime des idées noires ou des pensées suicidaires, ne gardez pas ça pour vous : en France, le 3114 (numéro national de prévention du suicide) répond 24h/24, gratuitement, y compris aux proches. En cas de danger immédiat, appelez le 15 ou le 112.

Enfin, le SPM n'excuse jamais la violence, d'un côté comme de l'autre. Si les disputes deviennent menaçantes ou violentes, ce n'est plus une question de cycle : le 3919 (Violences Femmes Info) est gratuit et anonyme.

Questions fréquentes

Restez calme et disponible, allégez son quotidien, demandez ce qui l'aiderait, reportez les discussions sensibles sans balayer ce qu'elle exprime, et évitez de mettre ses émotions sur le compte de ses hormones. Le reste du mois, parlez de ce qui l'aide pendant ces jours-là.

Les symptômes apparaissent généralement dans les jours qui précèdent les règles, souvent dans les cinq derniers jours, et s'atténuent peu après le début des saignements. La durée varie d'une femme à l'autre.

Les variations des hormones en fin de cycle influencent la sérotonine et l'humeur chez certaines femmes plus sensibles. La fatigue, le sommeil perturbé et les douleurs peuvent aussi amplifier l'irritabilité. Ce n'est pas dirigé contre vous, mais ses émotions restent réelles et méritent d'être écoutées.

Mieux vaut éviter. Les femmes interrogées dans une étude australienne vivaient souvent mal que leur partenaire attribue leurs émotions au SPM. Si elle fait elle-même le lien, vous pouvez en parler avec elle ; sinon, concentrez-vous sur ce qu'elle exprime.

Pour 5 à 8 % des femmes environ, le SPM est sévère et perturbe nettement la vie quotidienne ; il s'agit souvent d'un TDPM. Des traitements efficaces existent. En cas d'idées suicidaires, le 3114 répond 24h/24.

Sources et références

  1. Ussher JM, Perz J. Evaluation of the relative efficacy of a couple cognitive-behaviour therapy (CBT) for Premenstrual Disorders (PMDs), in comparison to one-to-one CBT and a wait list control: A randomized controlled trial — PLoS One (2017)
  2. Mooney-Somers J, Perz J, Ussher JM. A complex negotiation: women's experiences of naming and not naming premenstrual distress in couple relationships — Women & Health (2008)
  3. Yonkers KA, O'Brien PM, Eriksson E. Premenstrual syndrome — The Lancet (2008)
  4. NHS. PMS (premenstrual syndrome) — nhs.uk
  5. Office on Women's Health, U.S. Department of Health & Human Services. Premenstrual syndrome (PMS) — womenshealth.gov
  6. American College of Obstetricians and Gynecologists (ACOG). Premenstrual Syndrome (PMS) — acog.org

Cet article s'appuie sur des publications scientifiques et des organismes de santé reconnus. Il a une vocation informative et ne remplace pas un avis médical.

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